Kintsugi, c’est une chanson sur les blessures qui ne disparaissent pas, mais qui deviennent visibles, assumées, presque offensives.
Je voulais prendre l’idée de base – nos blessures font partie de nous – et en faire quelque chose de plus badass. Pas seulement une consolation douce, mais une énergie qui kick : cicatrices en or, mots qui tranchent, shamisen, rap, métal, fan service japonais assumé et fond nietzschéen un peu caricatural.
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Paroles
[Intro] Le vent me plie, mais jamais je ne ploie. Chaque fissure est d’or, chaque chute est ma loi. Je marche seul, marqué de cicatrices, Chaque éclat recollé devient une arme de justice.
[Couplet 1] J’ai tracé ma voie, j’ai quitté le Bushi-DO, T’inquiète, je laisse personne chier dans mon propre DO-JO. Je suis mon propre KA-MI, Tous les autres dieux sont mes enne-MIS. Vos fausses croyances, j’les tranche à vif, sans un cri, Je les réduis en lamelles, façon SA-CHI-MI. Le SA-KÉ me chauffe, il rallume mes flammes, Il me dit que mes jeux sont des éclats d’âme. Mes mots tranchent net comme un KA-TA-NA, Vos failles sont visibles, je les mets à BAS. Vous jouez les durs sous vos BAN-DA-NA, Mais vos postures craquent dès que le danger est là.
[Refrain] Je suis fêlé, mais vivant, Recollé d’or, indestructible maintenant. Je suis marqué, mais entier, Mon Kintsugi, c’est pas une honte, c’est ma vérité. Chaque cicatrice brille dans la nuit, Elles sont mes armes, elles sont ma vie.
[Couplet 2] Y’a pas de petit combat, chaque lutte laisse sa MARQUE, Chaque cicatrice est une étoile, un éclat dans le NOIR. Un sourire sincère vaut plus qu’un masque fêlé, Un regard qui s’assume vaut mieux qu’un dos baissé. J’ai appris la loi, pas d’a-MI, Pas de maîtres, sur le ta-ta-MI. Un seul geste, précis, j’te plie sans un CRI, Tombe au sol, réduit en o-ri-ga-MI. Chaque chute m’élève, chaque fissure me guide, Mon corps est un parchemin, mes cicatrices sont des rides. Le SA-KÉ me réchauffe, il murmure doucement : Tes plaies sont des éclats, elles brillent maintenant. Mes mots tranchent net comme un KA-TA-NA, Vos failles sont visibles, je les mets à BAS. Vous jouez les durs sous vos BAN-DA-NA, Mais vos postures craquent dès que le danger est là.
[Refrain] Je suis fêlé, mais vivant, Recollé d’or, indestructible maintenant. Je suis marqué, mais entier, Mon Kintsugi, c’est pas une honte, c’est ma vérité. Chaque cicatrice brille dans la nuit, Elles sont mes armes, elles sont ma vie.
[Couplet 3] Je marche comme un ro-NIN, sans bannière, sans armée, Chaque pas dans la nuit m’a forgé, m’a guidé. Je porte un yo-ROI, lourd de mes combats, Pendant qu’certains se bronzent au soleil et au mo-no-Ï. Comme l’aigle, je plane au-dessus des lois, Je prends appui sur l’orage, j’fais du tonnerre ma voix. Le SA-KÉ m’accompagne, il rallume mes flammes, Il me dit que mes jeux sont des éclats d’âme. Mes mots tranchent net comme un KA-TA-NA, Vos failles sont visibles, je les mets à BAS. Vous jouez les durs sous vos BAN-DA-NA, Mais vos postures craquent dès que le danger est là.
[Refrain] Je suis fêlé, mais vivant, Recollé d’or, indestructible maintenant. Je suis marqué, mais entier, Mon Kintsugi, c’est pas une honte, c’est ma vérité. Chaque cicatrice brille dans la nuit, Elles sont mes armes, elles sont ma vie.
[Bridge] Sous le vent je plie, mais jamais je ne ROMPS. Chaque chute me relève, chaque faille est un PONT. Un bol recollé d’or vaut plus qu’un bol IN-TACT, Je suis ce bol fêlé, mais chargé d’IM-PACT.
[Refrain final] Je suis fêlé, mais vivant, Recollé d’or, indestructible maintenant. Je suis marqué, mais entier, Mon Kintsugi, c’est pas une honte, c’est ma vérité. Chaque cicatrice brille dans la nuit, Elles sont mes armes, elles sont ma vie.
Making-of
Cette chanson appartient à l’arc : nos blessures font partie de nous. Mais je ne voulais pas en faire seulement une méditation douce. Je voulais une version qui cogne, qui transforme la fêlure en posture, presque en armure.
Il y a deux versions : une version rap et une version métal. La première pose le texte comme une attaque rythmique, la seconde pousse le côté hymne et combat intérieur. Dans les deux cas, l’idée reste la même : être fêlé, ce n’est pas être foutu. C’est parfois être devenu lisible autrement.
C’était aussi ma période shamisen, cet instrument japonais que j’adore. J’avais envie de jouer avec les sons, les mots japonais, les images de dojo, ronin, katana, tatami, origami. Oui, il y a du fan service. Oui, c’est un peu caricatural. Mais c’était le kiff.
Le fond nietzschéen est là aussi, volontairement un peu chargé : se relever, faire de l’orage un appui, ne pas confondre cicatrice et faiblesse. Le Kintsugi devient moins une réparation discrète qu’une manière de dire : regardez, c’est là que ça a cassé, et c’est là que ça brille.
J’ai déjà traité ce sujet sur le blog dans la définition du Kintsugi, et aussi dans une vidéo où je parle de mots japonais sans chercher la traduction littérale, mais plutôt l’équivalence poétique : voir la vidéo sur YouTube.