Éthique, c’est une chanson sur le moment où l’on arrête de porter les obligations comme des sacs de sable, où l’on casse un peu la posture du paladin, et où l’on retrouve le droit de jouer.
Il y a la trame de Zarathoustra : le chameau qui porte, le lion qui dit non, puis l’enfant qui recrée. Mais ici, tout passe par un imaginaire de jeu de rôle : dés, quête, rogue, paladin, éthique personnelle et zizicoptère quand le monde s’effondre.
Paroles
Intro
On m’a dit : « Sois sérieux ».
J’ai répondu : « OK… mais après le café. »
(mais je bois pas de café).
Couplet 1 – Le chameau
J’ai trimballé des sacs de « faut »,
Des valises de « tu dois » trop lourdes pour ma peau.
On m’a dit : « marche droit, avale ton sable »,
Mais j’me suis paumé dans un rond-point moral.
Paladin en armure, discours bien huilés,
Mais il tape à côté dès qu’il faut créer.
Je dors dans un clic-clac, j’rêve d’étoiles en vrac,
J’ai une éthique, et tac – si tu bluffes, je te rembarque.
Refrain
Eh oh – j’suis plus qu’un chameau,
Je brise les chaînes, je choisis mes mots.
Eh oh – c’est mon éthique qui trace ma quête,
Et si ça s’effondre, je fais le zizicoptère.
Eh oh – chaotique mais bon,
Je roule mes dés, je trace ma raison.
Eh oh – même quand tout s’effondre,
C’est mon éthique qui me fait répondre.
Couplet 2 – Le lion / le voyou
J’ai rugi contre les lois de carton,
Pas le lion LinkedIn ni celui des salons.
Le monde veut des clones, moi j’fais des grimaces,
Je fais des rodéos sur le dos d’une limace.
Je roule mes dés, j’fais que des critiques, des vingt partout,
Pas besoin de règles quand le chaos me sourit, flou.
Je suis connu comme Chameau Picasso,
J’invente un style barjot, même avec un stylo.
Refrain
Eh oh – j’suis plus qu’un chameau,
Je brise les chaînes, je choisis mes mots.
Eh oh – c’est mon éthique qui trace ma quête,
Et si ça s’effondre, je fais le zizicoptère.
Eh oh – chaotique mais bon,
Je roule mes dés, je trace ma raison.
Eh oh – même quand tout s’effondre,
C’est mon éthique qui me fait répondre.
Couplet 3 – L’enfant créateur
Puis j’ai ri comme un gosse, j’ai construit des Legos,
J’ai peint mes valeurs en Play-Doh fluo.
Créer, c’est foirer, mais j’le fais quand même,
L’échec c’est du flow, ça nourrit mes thèmes.
Pas de dogme, pas de maître, juste un jeu infini,
Le chaos danse et il rit avec moi la nuit.
Je griffonne mes règles sur un coin de carnet,
Et demain si j’veux, j’les jette et j’en refais.
Refrain final
Eh oh – j’suis plus qu’un chameau,
Je brise les chaînes, je choisis mes mots.
Eh oh – c’est mon éthique qui trace ma quête,
Et si ça s’effondre, je fais le zizicoptère.
Eh oh – chaotique mais bon,
Je roule mes dés, je trace ma raison.
Eh oh – même quand tout s’effondre,
C’est mon éthique qui me fait répondre.
Eh oh – j’suis plus qu’un chameau,
Je brise les chaînes, je choisis mes mots.
Eh oh – c’est mon éthique qui trace ma quête,
Et si ça s’effondre, je fais le zizicoptère.
Eh oh – chaotique mais bon,
Je roule mes dés, je trace ma raison.
Eh oh – même quand tout s’effondre,
C’est mon éthique qui me fait répondre.
Outro
Joue. Taux. Réfais. Éclate-toi.
Le reste… c’est du vent.
Making-of
Cette chanson part de la trame de Zarathoustra : le chameau, le lion, l’enfant. Le chameau porte les devoirs, les « il faut », les injonctions. Le lion casse les anciennes tables, dit non, refuse les chaînes. Mais le danger, c’est de rester coincé au stade du lion : tout détruire, ne rien reconstruire.
C’est ce que je retrouve dans mon analyse de Fight Club : Tyler est un lion pur, celui qui casse, celui qui libère par la négation, mais qui peut aussi tomber dans le nihilisme. J’en parle ici : Vie, tension tragico-absurde et films.
L’enfant, lui, recommence à jouer. Il crée sans demander l’autorisation. C’est là que la chanson rejoint aussi l’esprit de Comme par magie : pour un artiste, ça fait du bien de lire qu’on peut créer sans transformer chaque geste en tribunal intérieur.
Il y a donc deux personnages en tension : le paladin qui se juge, veut être droit, veut être à la hauteur, et le rogue qui expérimente, rate, recommence, s’amuse. Je me voyais, et je me vois encore souvent, comme un chaotique bon : pas forcément rangé, pas forcément docile, mais guidé par une éthique.
Cette chanson vient aussi de cette pression que je peux me mettre : peur de peindre en dessous de mon niveau, pression des concours, envie que tout soit déjà valable avant même d’exister. Alors qu’il faut parfois revenir au jeu. Faire des modulations chromatiques sur des figurines. Tester. Rater. Refaire. Respirer un peu.
Au fond, Chaotique bon dit simplement : l’éthique n’a pas besoin d’être une prison. Elle peut être une boussole. Et une boussole, ça sert à partir à l’aventure, pas à rester immobile.