Certaines blessures disparaissent.
D’autres deviennent des chemins, des racines ou des lumières.
Ces haïkus parlent des fêlures que l’on traverse, de la mémoire qui demeure et de la vie qui repousse malgré tout.
Le mot me brûlait,
j’ai ri pour cacher la flamme —
reste la cendre.
Sous la cendre froide,
un germe luit, têtu, vivant —
c’est la rebondance.
fissure dans l’âme
la lumière y danse nue
fragile devient fort
Sous l’eau, je me vois —
le reflet devient racine,
fleur du renouveau.
La tasse fêlée,
garde au creux de sa blessure —
un reflet plus pur.
L’éclair fend la nuit,
et dans le cœur dévasté —
la sérélution.
Un souffle ancien passe,
sans morsure, sans retour —
juste un frôlement.
Quand le ciel se brise,
chacun cherche son vieux feu —
le déshorizon.
Rire qui vacille —
une larme éclaire le soir.
La tristjoie respire.
Dans la vitre sombre,
mon reflet me sourit
d’un œil mouillé.