Il existe des pensées qui enferment.
Et d’autres qui ouvrent une clairière.
Ces haïkus parlent de clarté, de signes, de miroirs, de simplicité et de cette manière de penser qui cherche moins à dominer qu’à accorder.
Dans ma moelle obscure,
les idées naissent en silence —
racines vivantes.
Dire sans armure,
la clarté tranche et répare —
flamme du regard.
Miroir sans éclat —
la vérité s’y repose,
sans qu’on la nomme.
L’idée s’enfuit, douce —
mais son parfum reste là,
pure éthernité.
Voix sans gravité,
pensée posée dans la nuit —
la Noésy veille.
Au cœur des idées,
une corde s’accorde en soi —
la pensée vibrante.
Un signe discret —
Ce que je savais déjà
S’accorde au monde.
Un pli après l’autre —
la pensée cesse de lutter,
la forme apparaît.
Idée dans la foule —
selon le vent, elle nourrit
ou trouble la source.
Une seule clef
ouvre toutes les serrures —
le monde se ferme.
Les livres bien rangés,
plus rien ne trouble la pensée —
silence immobile.
Il voit autrement,
mais personne ne regarde —
le vent le devine.