On n’est jamais seul avec soi-même.
Moment calme.
On nage.
On divague.
Des idées flottent,
puis s’évaporent.
Elles deviennent nuages,
potelées,
cotonneuses.
L’orage gronde.
C’est le moment.
Dans notre monde,
c’est le toboggan.
Depuis notre trône,
nous laissons faire.
Pas de décret.
Que du papier molletonné.
Ou alors,
je signerais bien
un traité de paix
avec moi-même.
Vaut mieux être seul
que mal accompagné ?
Et si la mauvaise fréquentation,
c’était moi ?
Ou si, justement,
j’étais en train d’apprendre
à me tenir compagnie ?
Version Petit Prince
On n’est jamais vraiment seul avec soi-même, pensa le jeune homme assis sur son trône.
C’était un moment calme. Il nageait doucement dans ses pensées. Il divaguait un peu, comme les nuages qui passent sans se presser.
Les idées venaient, légères. Elles flottaient, puis s’évaporaient. Elles devenaient rondes, douces, cotonneuses.
Puis l’orage grondait. Alors il savait : c’était le moment.
Dans son petit monde, tout descendait comme un toboggan. Depuis son trône modeste, il ne commandait rien. Il laissait faire.
Pas de décret. Seulement du papier molletonné. Ou peut-être, au fond, un traité de paix avec lui-même.
Il se demanda : vaut-il mieux être seul que mal accompagné ?
Et si le mauvais compagnon, parfois, c’était moi ?
Mais peut-être qu’à cet instant, dans ce silence simple, il apprenait seulement à se tenir compagnie.
Et cela lui parut déjà beaucoup.