Texte inspiré par l’effet de surplomb : ce moment où, depuis l’espace, la Terre cesse d’être une idée pour redevenir un lieu vivant.
J’habite là-bas.
Je te ferai voir.
Même s’il y a de l’espace,
j’ai beaucoup de voisins sympas.
Tu vas voir.
Parfois bruyants,
parfois las,
mais vivants.
Une faune magnifique
où l’on écoute le silence.
On y contemple la lumière
filtrée par la végétation.
J’appelle ça une clairière.
Des peluches plus ou moins sauvages
y vivent.
On les croise,
on les caresse parfois
sur le chemin.
J’habite là-bas,
juste à côté des océans.
Tu vas voir.
Ça aussi, c’est grand.
Profond.
Tu peux y nager,
ou juste flotter,
même t’y noyer.
C’est là où j’habite.
Ça peut être calme
ou tempétueux…
Mais c’est beau.
Il y a des fleurs de toutes les couleurs,
des gens qui se les mettent dans les cheveux
et dansent
en faisant des poèmes en chanson.
J’appelle ça la poétique.
J’habite là-bas,
avec tous ses tracas.
Tu vas voir.
Il y a de l’espace.
J’avais entendu dire que certains astronautes, en voyant la Terre depuis l’espace, ressentaient un choc profond : un sentiment d’appartenance, une conscience plus vive de sa fragilité, parfois même une forme de sensibilisation écologique immédiate.
Cette idée m’est restée. Elle m’a inspiré une image : quelqu’un, depuis l’espace, qui pointe la Terre du doigt et dit simplement : j’habite là-bas.
Puis, une fois au travail, le texte est sorti d’un coup. Brut. Simple. Sans chercher à faire beau.
Pendant la pause entre deux palettes…