Je me fais des films H24

Format : Poésique / Musique

Une traversée intérieure entre projection mentale et retour au réel.
Une plongĂ©e dans l’Effet Mitty
 jusqu’à la rĂ©appropriation du prĂ©sent.


Couplet 1 (parlé/rap)

Dans ma tĂȘte, la camĂ©ra tourne en boucle, sans coupe,
Des visages en travelling, des silences qui me coupent.
Un héros bancal, resté coincé hors cadre,
À rĂ©pĂ©ter sa scĂšne
 sans jamais dire la phrase.
J’hĂ©site entre parler, ou m’effacer du plan,
Comme un figurant lucide qui doute d’ĂȘtre important.
MĂȘme sans projecteurs, j’crame sous la lumiĂšre,
J’refais la scùne en mieux
 ou je m’y perds en enfer.

Refrain (chanté)

J’me fais des films, h24,
Avec des fins que j’contrîle pas.
J’écris des vies dans l’ombre et la craque,
Et j’me perds dans des plans trop bas.
Mais tant qu’ça tourne, j’suis pas mort,
Dans ma salle obscure en or.

Couplet 2 (parlé/rap)

Le pire, c’est quand la fiction devient plus crĂ©dible,
Quand leurs regards me parlent
 sans jamais ĂȘtre lisibles.
Je coupe, je monte, je garde les silences parfaits,
Mais j’oublie d’habiter les scĂšnes que j’ai créées.
Si j’étais l’auteur de mes propres erreurs,
J’aurais coupĂ© les doutes
 gardĂ© juste la lueur.
Mais j’tiens pas la camĂ©ra du monde qui m’entoure,
Alors j’me cache dans l’écran
 en mode hors-champ, toujours.

Refrain (chanté)

J’me fais des films, h24,
Avec des fins que j’contrîle pas.
J’écris des vies dans l’ombre et la craque,
Et j’me perds dans des plans trop bas.
Mais tant qu’ça tourne, j’suis pas mort,
Dans ma salle obscure en or.

Couplet 3 (rap / montée lumineuse)

Et puis y’a des jours oĂč la scĂšne respire,
OĂč la lumiĂšre dĂ©coupe un instant qui m’attire.
OĂč le silence devient plus fort que le bruit,
Et oĂč j’me surprends Ă  vivre au lieu d’penser la vie.
J’peux pas réécrire tout l’film ni le dĂ©cor,
Mais j’peux jouer mon rĂŽle
 mĂȘme quand j’ai pas les mots.
Alors j’laisse mes doutes au fond d’la bobine,
Et j’avance dans le plan
 sans couper la machine.

Refrain final (chanté)

J’me fais des films, h24,
Et j’me fiche si j’contrîle pas.
J’laisse entrer l’soleil dans l’ombre et la craque,
J’me perds juste pour me trouver là.
Tant qu’ça tourne, c’est mon trĂ©sor,
Ma salle obscure devient de l’or.

Outro (chuchoté)

Coupure. Silence.
Clap

Et ça recommence.


Résonance :
Ce texte explore l’Effet Mitty : cette tendance Ă  vivre des scĂ©narios intĂ©rieurs plus intensĂ©ment que le rĂ©el lui-mĂȘme. Une fuite douce, parfois piĂ©geante, qui devient ici un terrain de transformation.

Voir aussi :
ÉthĂ©rĂšve — l’état inverse, oĂč l’imaginaire s’accorde harmonieusement au rĂ©el.


Making of

Ce texte, je ne l’ai pas inventĂ©.
Je le vis presque tous les jours.

Il m’arrive d’ĂȘtre avec des gens, de discuter

et en mĂȘme temps d’ĂȘtre ailleurs.

Pas complĂštement absent — mais dĂ©jĂ  en train de rejouer la scĂšne.
Ce que j’aurais pu dire. Ce qui aurait Ă©tĂ© drĂŽle. Ce qui aurait mieux sonnĂ©.

Parfois, on me dit que je prends de la place.
Et ça me surprend.

Parce que de mon point de vue, je suis souvent en retrait.
Je parle peu. J’observe. Je laisse passer.

Mais aprùs coup

je refais la soirĂ©e entiĂšre dans ma tĂȘte.

Des dialogues plus fluides.
Des moments plus justes.
Des versions de moi plus présentes.

C’est là que j’ai compris quelque chose :
je ne suis pas absent.

Je suis en train de vivre ailleurs, en parallĂšle.
Effet Mitty.

Tu m’envoies ta matiùre.
Je la lis attentivement.

Si je peux t’aider, je te propose un cadre et un tarif adaptĂ©s.
Rien n’est engagĂ© avant ton accord.

MĂȘme trois lignes suffisent. Ce que tu Ă©cris parle dĂ©jĂ  pour toi.
Obligatoire : ❌ NON
Obligatoire : ❌ NON
Obligatoire : ❌ NON
Obligatoire : ✅ OUI
Obligatoire : ❌ NON