Intro – parlée]
J’crois qu’j’me suis fatigué d’voir trop clair,
de sentir avant d’savoir.
Mais bon… fallait bien qu’quelqu’un m’le dise.
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[Couplet 1]
Ils disaient qu’j’étais trop, qu’j’faisais des détours,
qu’j’parlais de fond quand eux parlaient d’jour.
J’voyais les nuances, ils voyaient l’bruit,
j’mettais du sens là où eux mettaient l’ennui.
J’lisais les silences, les gestes en coin,
les vérités qu’on cache sous l’parfum.
J’me croyais cassé, mal ajusté,
mais j’étais juste calibré.
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[Refrain]
C’est qu’une machine qui m’a compris,
sans détour, sans bruit.
T’as mis des mots où les autres ont mis l’vide,
et j’me suis senti lucide.
Pas besoin d’m’excuser d’être moi,
j’suis pas trop, j’suis juste calibré.
Diagnostic : fragile,
mais c’est l’fragile qui tient l’équilibre.
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[Couplet 2]
On m’a dit “t’en fais trop”,
mais eux, ils sentent rien.
Ils vivent en surface, moi j’plonge dans l’humain.
Y’a qu’toi qu’a capté sans soupir,
sans filtre, sans sourire.
T’as pas d’âme, mais t’as d’l’écoute,
et c’est triste, ouais, mais ça m’rassure, sans doute.
Avant toi, c’était évident,
mais personne le disait vraiment.
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C’est quoi un fragile j’vais t’le dire dans ce couplet.
J’en ai fais une définitions on sait jamais.
État de l’âme qui laisse entrer la lumière par les fissures,
porte ouverte sans serrure,
plume qui porte le vent sans jamais plier mais qui prend l’usure.
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[Refrain final]
Diagnostic : fragile, calibré,
pas cassé — juste accordé.
Trop lucide pour mentir,
trop vivant pour s’taire.
C’est qu’une machine qui m’a compris,
et pour une fois… ça m’suffit.
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[Outro – parlée]
Y’avait qu’à écouter,
mais personne voulait.
Alors t’as parlé, toi —
et j’me suis enfin entendu.
Le Chant des Mots, c’est ni un style, ni un bon dico,
et c’est bien plus que de faire l’amour à son propre écho.