Dans Partie de chasse, rien ne s’effondre vraiment.
Tout tient encore.
Les mots sont là.
Les structures aussi.
Le discours continue.
Mais plus personne n’y croit vraiment.
Les dirigeants savent.
Ils ont vu les fissures, les intrications, le cynisme.
Ils parlent encore d’idéologie…
mais entre eux, ils parlent surtout de gestion.
Ouvrir la soupape.
La refermer.
Tenir.
Le peuple, lui, est encore en partie dans le récit.
Pas totalement dupe, mais pas totalement sorti non plus.
Entre deux mondes.
C’est là que la scolastase apparaît.
Pas dans l’erreur.
Pas dans le mensonge grossier.
Mais dans ce moment où tout continue
sans plus jamais se remettre en jeu.
Le système ne tient plus par la vérité.
Il tient par l’habitude.
Et même ceux qui le maintiennent
n’y habitent plus vraiment.
Ils y survivent.
La scolastase, ici, n’est plus seulement un discours.
C’est un régime.
Une mécanique qui fonctionne encore,
mais dont le sens s’est retiré.
Un monde où l’on continue de parler
une langue que plus personne ne pense.
Bilal ne critique pas frontalement.
Il montre.
Et ce qu’il montre est froid.
Pas parce que le pouvoir est violent.
Mais parce qu’il est fatigué.
Fatigué de continuer
sans croire.
La scolastase politique :
ce moment où un système ne tombe pas…
mais ne vit plus non plus.