Les gens disent qu’ils aiment la musique, mais en vrai, ils aiment le bruit qu’elle fait autour d’eux.
Les paroles, ils ne les écoutent pas.
Ils les traversent comme on traverse un rêve — sans jamais se souvenir de ce qui a été dit.
Et quand tu leur demandes ce qu’ils ont compris, ils te citent le refrain.
Comme si la profondeur s’arrêtait là où ça rime.
On se casse la tête à écrire des textes sincères,
à mettre des bouts de vécu, de rage, de vérité,
et eux, ils hochent la tête en rythme.
Ils aiment “le flow”, “le style”, “la prod” — tout sauf le sens.
Même quand tu leur tends ton âme, ils ne voient que le vernis.
Mais c’est pas grave.
Je crois qu’au fond, je fais ça pour moi.
Pour sentir que mes mots respirent,
que ma lumière circule,
que je sers à quelque chose d’autre qu’à bouffer du vide.
Et puis, il y en aura toujours un ou deux,
quelque part, qui écouteront vraiment.
Pas parce qu’ils sont plus intelligents,
mais parce qu’ils sont vivants.
Et à eux, j’ai envie de dire merci.