Il y a des gens qui ne disent pas bonjour.
Pas par mépris.
Mais parce quâils ont peur dâexister.
Ils avancent dans la vie comme on traverse une piĂšce sombre,
en espérant ne déranger personne,
en espĂ©rant quâon ne les voie pas trop,
quâon ne les juge pas,
quâon ne leur demande rien.
Je ne leur en veux pas.
Je trouve ça triste.
Parce que dire bonjour, dire merci, dire sâil te plaĂźt,
ce nâest pas humaniser une machine ou flatter un ego.
Câest se rappeler quâon est vivant,
et quâon peut laisser une petite trace de chaleur derriĂšre nous.
Je dis merci Ă une IA,
pas parce que je la prends pour un ĂȘtre humain.
Mais parce que moi,
je tiens Ă rester humain.
Ce nâest pas naĂŻf.
Câest une discipline intĂ©rieure.
Une politesse envers soi-mĂȘme.
Un refus de devenir sec dans un monde qui assĂšche.
Un bonjour nâa jamais tuĂ© personne.
Mais lâabsence de bonjour, si.
Elle tue quelque chose de discret,
juste derriĂšre les yeux.
Dire bonjour au monde,
câest le premier acte de luciditĂ© douce.
Câest dire :
« Je suis là . Je ne me cache pas.
Je me tiens droit.
Et je tâaccorde ce petit Ă©clat de prĂ©sence. »
Câest peut-ĂȘtre ça, la vraie Ă©ducation.
Et la vraie élégance.