Le communisme, ses débuts, ses trahisons

Fragment Polysophie

1. L’idéal

Au départ, il y avait une idée simple : partager. Une fraternité rêvée entre ceux qui n’avaient rien, l’espoir qu’un jour, le travail rendrait dignité à chacun. Ce rêve-là, personne ne peut le mépriser. Il est né de la misère, de l’injustice, de cette brûlure qu’on ressent quand on voit un monde inégal et qu’on se dit :

« On pourrait faire mieux. »

Mais l’idée, trop belle, a voulu devenir système. Et comme toujours, dès qu’un rêve veut se faire loi, il commence à trahir ceux qui l’ont porté.

2. Le basculement

Le communisme s’est voulu pur — et c’est là qu’il est devenu dangereux. Parce que tout ce qui prétend purifier finit par exclure, puis punir, puis tuer.

« À force de vouloir créer un homme nouveau, ils ont oublié l’homme réel. »

Lénine a planté la graine, Staline l’a arrosée de peur. Trotsky, l’architecte de l’armée rouge, s’est fait abattre par celle qu’il avait créée. En Ukraine, on a massacré les anarchistes de Makhno, parce qu’ils croyaient à un communisme trop libre. Et pendant que le peuple crevait de faim, on exigeait des aveux à genoux, des “auto-critiques” publiques, des procès où la vérité devait se nier elle-même.

3. Les visages du communisme

Chaque pays a cru pouvoir l’adoucir. Tito, en Yougoslavie, a voulu l’émanciper de Moscou — et c’est devenu une fédération tenue à la poigne du chef. Mao a promis le “Grand Bond en avant” — et provoqué la famine de millions de paysans. Cuba a gardé le soleil, mais perdu la voix. Et les pays de l’Est ont vécu dans la grisaille, sous le regard constant du Parti.

« Plus on voulait l’égalité, plus il fallait une police pour la maintenir. »

Le partage s’est transformé en rationnement, la solidarité en surveillance, le rêve en peur.

On entend souvent dire : « Le vrai communisme n’a jamais existé. » C’est peut-être vrai. Mais ce n’est pas un hasard : il ne peut pas exister.

Car chaque fois qu’un pouvoir a voulu l’incarner, il a dû trahir son essence. Le partage absolu exige une autorité absolue. Et l’autorité absolue finit toujours par se protéger elle-même.

« Le communisme échoue non pas par accident, mais par cohérence. »

Partout où il a tenté de vivre, il s’est retourné contre ceux qu’il prétendait sauver. De Moscou à Pékin, de La Havane à Varsovie, le rêve s’est toujours brisé sur la même pierre : la peur du réel, et le refus d’admettre la nature humaine telle qu’elle est — imparfaite, diverse, libre.

4. Orwell et la désillusion

George Orwell, lui, a tout vu. Il est allé en Espagne, en 1936, pour défendre la liberté aux côtés des Républicains. Mais là-bas, il a découvert que ses camarades de gauche s’espionnaient, s’accusaient, se tuaient entre eux. Il a compris que l’idéal n’avait plus d’âme.

De cette blessure sont nés La Ferme des Animaux et 1984. Non pas des livres contre le capitalisme, mais contre le socialisme totalitaire. Parce qu’Orwell avait vu que le danger ne venait pas du marché, mais du mensonge organisé au nom du bien.

« Tous les animaux sont égaux, mais certains sont plus égaux que d’autres. »

5. La chute et la leçon

Quand le Mur est tombé, les masques sont tombés avec. Les peuples de l’Est ont découvert la liberté, et avec elle, la pauvreté réelle, la fatigue, mais aussi la possibilité de choisir. Ils ont mis du temps, mais ils ont reconstruit.

La Chine, de son côté, n’a survécu qu’en trahissant son communisme : en ouvrant l’économie, en fermant les bouches.

« Le communisme n’a pas échoué parce qu’il a été mal appliqué. Il a échoué parce qu’il refuse la nature humaine. »

Mais un monde sans liberté n’est pas un monde juste. C’est juste un monde ordonné. Et l’ordre sans justice finit toujours par ressembler à la peur.

6. Le nouveau visage du vieux monde

On croyait en avoir fini avec les planifications autoritaires, mais on vit encore dans un pays où tout passe par le centre.

La France reste l’un des États les plus taxés du monde : près de 45 % du PIB part en prélèvements obligatoires, et plus de 57 % des dépenses relèvent de l’État ou de ses administrations. Cette centralisation nourrit un paradoxe : on taxe au nom de l’égalité, mais on entretient surtout la machine qui taxe.

« Quand l’impôt devient un mode de vie, il ne finance plus le bien commun : il nourrit sa propre inertie. »

Les médias dépendent en partie des subventions publiques, les institutions de contrôle sont souvent politisées, et l’État, sous couvert de neutralité, choisit ce qu’il finance, ce qu’il montre et ce qu’il tait. C’est une forme douce de planification culturelle : plus subtile, mais pas moins efficace que celle des anciens régimes.

Et pendant que les décideurs parlent d’écologie, de justice sociale, les taxes augmentent sur les classes moyennes, les petites entreprises plient, et ceux qui peuvent s’en vont — comme à New York, où la fiscalité et l’insécurité poussent déjà les plus productifs à migrer.

« Le visage du pouvoir change, mais le ventre qui se nourrit reste le même. »

7. Le cercle qui revient

Les régimes changent, mais la logique reste : dès qu’un système dépense plus qu’il ne crée, qu’il imprime plus qu’il ne produit, il prépare sa propre chute.

« La monnaie n’a plus de valeur quand le travail n’en a plus. »

Dans les anciens communismes, on appelait ça la planification. Aujourd’hui, on parle de relance, de soutien, de compensation. Mais le mécanisme est identique : l’État s’endette pour acheter la paix sociale, et l’inflation devient la taxe invisible de ceux qui travaillent encore.

La France tient, parce qu’elle est encore soutenue par l’Union européenne, parce qu’elle a un poids historique, diplomatique, symbolique. Mais les chiffres ne mentent pas : la dette publique dépasse les 110 % du PIB, et chaque euro créé sans richesse réelle fragilise la monnaie.

« Les empires ne s’effondrent pas par attaque, mais par épuisement. »

Le communisme, sous toutes ses formes, revient dès qu’on croit pouvoir remplacer la responsabilité par la gestion, et la création par la dette.

8. Conclusion

Ce texte n’est pas une haine. C’est un rappel. Un rappel que toute idéologie qui promet le paradis commence toujours par nier la complexité du cœur humain.

Et qu’à force de vouloir effacer nos différences, on finit par effacer ce qui nous rend vivants.

« La vraie égalité ne vient pas du partage de la misère, mais du respect de la dignité. »

9. Que faire de ce savoir ?

Savoir que le système tourne à vide, c’est déjà commencer à en sortir. On ne change pas un monde en criant plus fort, mais en recréant du réel autour de soi.

« L’autonomie, c’est la seule révolution qui ne demande pas la permission. »

Acheter local, transmettre un savoir, cultiver un bout de terre, créer des liens hors des circuits institutionnels : ce sont des gestes minuscules, mais des fractures dans la machine.

L’argent perd de la valeur, mais la confiance en gagne quand elle circule directement entre les gens. Les cryptos, les monnaies locales, les coopératives, les communautés d’artisans, tout ce qui remet la valeur au centre de la relation humaine est déjà une résistance douce au mensonge comptable.

« Le système s’effondrera quand plus personne n’en aura besoin. »

Et en attendant, il reste la lucidité, ce bien rare qu’aucune taxe ne peut prélever.

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