Hyperveille entropique


Ce mot est né d’une chanson — “Mourir, c’est se foutre la paix” . À l’origine, c’était un simple mantra pour aller mieux, une phrase que je me répétais les jours de trop-plein. Puis j’ai compris que le chanter serait plus fort que de le penser. L’incarner, plutôt que le comprendre. De ce geste est née l’idée d’hyperveille entropique — cette tension lucide qui s’épuise à trop vouloir guérir.

Inspiré de Fabrice Midal


Définition poétique 🩶

État de tension lucide où la conscience, trop éveillée, se dérègle elle-même.
C’est la veille du veilleur — un esprit qui ne parvient plus à se reposer parce qu’il se regarde veiller.
Chaque pensée devient alarme, chaque silence vibre d’angoisse.
On veut se calmer, mais on s’analyse.
On veut dormir, mais on surveille le sommeil.
C’est un excès d’ordre qui tourne au chaos, une lumière intérieure devenue trop forte pour la nuit.

Définition courte ⚙️

Lucidité surchauffée qui se fatigue elle-même.
Conscience en surbrillance.

Étymologie 🧩

  • hyper- (grec : au-delà, excès)
  • vigilare (latin : veiller)
  • entropia (grec : retour sur soi, désordre, transformation intérieure)

Littéralement : « Veille excessive qui se désordonne de l’intérieur. »

Hygiène du mot 🩺

À employer pour décrire un état de veille excessive où l’esprit s’épuise à se surveiller lui-même.
L’hyperveille entropique n’est pas une maladie, mais une réaction d’adaptation : une forme d’intelligence défensive.
C’est ce que vivent ceux qui veulent trop comprendre, trop prévenir, trop maîtriser.
Elle appelle non pas un traitement, mais une réconciliation : apprendre à s’abandonner sans se fuir.

Utiliser ce mot avec bienveillance : il ne désigne pas une faiblesse, mais une hypersensibilité lucide en déséquilibre.

Haïku 🌑

L’esprit sans repos,
garde du corps endormi —
feu dans la rosée.


Mourir, c’est se foutre la paix — Making-of

👉 Écouter la chanson — “Mourir, c’est se foutre la paix” 🎶

— un mantra musical né de cette conscience vive.

Cette chanson n’est pas née d’une tristesse, mais d’un cercle. Celui où l’on s’épuise à vouloir aller mieux, à tout surveiller — le corps, l’esprit, la fatigue, la santé. J’ai compris que la vigilance peut devenir sa propre maladie : vouloir se réparer, c’est parfois s’user davantage.

Avec la thyroïdite d’Hashimoto, j’ai souvent cherché l’équilibre comme on cherche un ennemi : trop de fatigue, trop de concentration, trop d’efforts pour “aller bien”. Et ce “trop” devient un piège : plus on veut contrôler, moins on se laisse vivre. C’est de ce paradoxe qu’est née la chanson Mourir, c’est se foutre la paix.

Elle n’est pas un cri contre la vie — elle est un mantra réconfortant. Une phrase pour les soirs d’hyperveille entropique, quand la tête tourne en rond et que le corps ne sait plus lâcher. Parce que même la paix, parfois, s’oublie.

Mourir, c’est se foutre la paix veut simplement dire : arrête de vouloir mériter ton repos. Respire sans t’analyser. Laisse passer ce qui passe. Et rappelle-toi que vivre, c’est déjà assez.

Comme on oublie de respirer, on oublie de se foutre la paix. Et parfois, y repenser — c’est déjà commencer à guérir.

C’est là qu’est né le mot Hyperveille entropique : cet état où la conscience se brûle à force de vouloir bien faire, où l’on se surveille jusqu’à l’épuisement. Ce mot, c’est le revers lumineux de la chanson : une explication à ce besoin de répit qu’on transforme, sans le vouloir, en combat.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *