Exentropie

(n.f.)

Définition poétique :

L’exentropie désigne un point de vue décentré de l’humain — une vision qui sort de soi pour embrasser d’autres formes de vie ou de réalité.

C’est le contraire du nombrilisme : une force d’expansion, un souffle qui traverse les limites du moi pour rejoindre la totalité du vivant.

Elle naît quand la conscience cesse de se regarder et commence à regarder le monde.


Définition courte :

Ouverture du regard humain vers le dehors, vers l’altérité du vivant.


Étymologie :

Du grec ex- (« hors de ») et entropía (« mouvement, transformation, retournement »).

→ Exentropie : ce qui se transforme en s’ouvrant.


Synonymes poétiques :

Décentration lumineuse Expansion de conscience Trans-humanité sensible Regard cosmique Sortie du cadre


Exemple en contexte :

À force de marcher dans la forêt, il cessa de penser comme un homme. L’exentropie fit son œuvre : il commença à sentir comme un arbre.


Remarque rabelaisienne :

Rabelais aurait vu dans l’exentropie une camaraderie du monde.

L’idée qu’il faut boire la réalité à pleines lèvres, non pour s’y noyer, mais pour en sentir chaque saveur.

Chez lui, l’ouverture au monde n’est pas une abstraction : c’est une curiosité charnelle, rieuse, festive.

L’exentropie, c’est sa table ronde du vivant — où bêtes, dieux et hommes trinquent au même banquet.


Haïku :

Hors de mon écorce,

le monde entre dans ma peau —

souffle d’exentropie.

Making off

🎬 Making-of : Exentropie

Le mot Exentropie est né d’un désaccord.

Je regardais une interview d’Éric Sadin sur Thinkerview,

et j’ai senti tout ce que je refuse : la peur, le repli, la méfiance envers ce qui change.

J’ai voulu créer le mot inverse.

L’exentropie, c’est pas une fuite dans la machine ni une métamorphose de l’homme.

C’est une extension de conscience.

Une façon d’élargir le champ de l’empathie,

de sentir plus loin que soi.

Tu marches dans une forêt,

et soudain tu sens — sans le vouloir —

que les arbres communiquent, que le vent les relie,

et qu’une part de toi comprend ce langage-là.

Tu regardes un chat au soleil,

et ton corps comprend sa paix.

Ce n’est pas de la projection :

c’est une altérité vécue, accrue.

L’exentropie, c’est ce mouvement.

Celui qui sort de soi sans se perdre.

Un pont entre les formes de vie,

entre le monde humain et ce qui l’entoure.

Un mot pour désigner cette conscience qui s’étend,

non par pouvoir, mais par présence.

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