☁️ Éthernité

Définition poétique :

L’Éthernité désigne une forme d’éternité fluide, vivante, qui ne s’impose pas par la durée mais par la circulation.

C’est l’éternité en mouvement — celle des idées, des émotions ou des élans qui nous traversent sans nous appartenir.

Elles viennent d’un ailleurs, de cet éther invisible où tout ce qui est vrai demeure, en attente d’être incarné.

Parfois, une idée nous choisit, nous traverse, et repart. Parfois, elle reste.

Dans tous les cas, quelque chose d’elle demeure en nous : une trace légère, un sillage lumineux.

L’Éthernité n’est pas figée comme le marbre : elle respire.

Elle est le passage même, la fidélité du souffle à ce qu’il révèle.


Définition courte :

Éternité vivante et circulante, qui traverse les êtres comme un souffle.


Étymologie :

éther (gr. aithēr : ciel pur, espace supérieur) + éternité


Synonymes poétiques :

Intemporalité, souffle, continuité, rémanence, persistance, circulation.


Exemple en contexte :

“L’idée lui avait échappé, mais son éclat restait en lui, comme une éthernité qui refusait de mourir.”


Remarque rabelaisienne :

“L’éthernité, c’est le vin qu’on n’a jamais fini de goûter.”

“L’éthernité, c’est la gorgée d’inspiration qu’on recrache en chanson.”


Haïku:

L’idée s’enfuit, douce —

mais son parfum reste là,

pure éthernité.


Hygiène du mot :

Ne cherche pas à retenir ce qui t’inspire : l’Éthernité ne se possède pas.

Elle ne dure que parce qu’elle circule.

L’accueillir, c’est déjà la laisser partir.


Making off

Il y a des idées qui flottent dans l’air comme des âmes en quête de corps.

Elles ne naissent pas en nous — elles passent par nous.

Et si nous ne les écoutons pas, si nous n’ouvrons pas assez la fenêtre, elles s’envolent ailleurs.

Dans Comme par magie, Elizabeth Gilbert parle de ces idées qui voyagent d’un esprit à l’autre, cherchant un lieu pour s’incarner. C’est peut-être naïf… ou peut-être divinement vrai.

Platon, lui, aurait souri : il parlait déjà du monde des Idées, cet espace éthéré où résident les formes pures, immuables, parfaites — avant qu’elles ne s’habillent de matière pour exister un instant ici-bas.

L’Éthernité, c’est peut-être ça : ce va-et-vient entre le monde des formes et celui des êtres.

Un instant où quelque chose d’infini accepte de passer par nous, sans jamais nous appartenir.

Une idée, un amour, une beauté — peu importe.

Elle nous traverse, elle nous transforme, puis repart.

Et dans ce passage, dans cette trace qu’elle laisse, il y a une part d’éternité.

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