Salut, toi.
Je te reconnais.
Tu reviens toujours sans prévenir,
comme une bruine fine sur une journée calme.
Tu n’as plus besoin de frapper aussi fort,
je t’ai vue.
Je sais que tu ne viens pas pour me punir,
mais pour me rappeler que j’ai un cœur.
Parfois tu t’habilles en fatigue,
parfois en lassitude,
parfois tu ne dis rien du tout.
Et c’est dans ce rien que je t’écoute le mieux.
Je n’ai plus peur de toi maintenant.
Tu fais partie du rythme.
Tu creuses un peu de place pour que la joie respire mieux après toi.
Tu nettoies sans bruit les restes de ce que j’ai trop porté.
Alors reste un peu si tu veux,
mais sache que je ne t’enfermerai pas.
Je te laisse circuler,
comme une pluie qu’on laisse tomber,
parce qu’on sait qu’après,
tout sera plus clair.
Pluie sans orage,
le cœur lave ses silences —
clair après l’ombre.