L’art de se vendre sans se trahir

On nous a appris que se vendre, c’était se salir.
Que parler de soi, c’était déjà céder à l’orgueil.
Alors on a créé en silence, en espérant qu’un jour quelqu’un verrait.

Mais le monde ne voit plus : il scrolle.

Les Américains ont compris quelque chose que l’on refuse encore d’admettre :
le courage n’est pas seulement dans l’acte de créer,
il est dans le fait de se montrer.
Pas pour briller — pour exister.

La France a fait de la pudeur une vertu,
et de cette vertu, une prison.
On y préfère l’ombre à la scène,
le mystère à la clarté,
l’humilité proclamée à la présence assumée.

Créer, pourtant, est un cri.
Et un cri qu’on n’entend pas finit par se consumer.

Apprendre à se vendre,
c’est apprendre à honorer ce qu’on a fait.
C’est refuser de laisser les médiocres occuper tout l’espace.

Pas besoin d’en rajouter.
Juste poser son œuvre là où elle doit être : dans le monde.

On ne se trahit pas quand on se montre.
On se trahit quand on se cache.

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