Poésie
n. — redéfinition (feu & silence)
Définition poétique
C’est le feu qui apprend à murmurer. Le silence qui prend feu sans brûler. La poésie n’est pas un cri, ni un apaisement — c’est ce battement entre les deux. Elle écoute quand tout s’agite, et s’enflamme quand tout s’endort. Elle n’appartient à personne, mais réveille chez chacun le goût de vivre à nu.
Définition courte
Pont fragile entre la ferveur et la paix.
Étymologie
Du grec poiein — « faire, engendrer ». Ici, faire signifie accoucher du vivant : tendre un mot comme on tend la main vers ce qu’on ne comprend pas encore.
Hygiène du mot
- Ne pas la réciter : la respirer.
- Ne pas la forcer : la laisser venir.
- Accepter qu’elle brûle un peu avant d’éclairer.
- Ne pas la comprendre trop vite — elle se révèle dans le temps.
- Se souvenir : elle naît du silence et y retourne.
Haïku
Feu sous la neige, la flamme garde le souffle — la parole naît.
Mise en contexte
Un poète debout sur sa table. Un autre, seul dans sa chambre. Les deux cherchent la même chose : un mot qui les relie au monde, sans mensonge et sans décor. L’un crie pour réveiller, l’autre écoute pour ne pas s’éteindre. Tous deux savent : la poésie n’est pas un refuge — c’est une renaissance, à chaque mot.