Définition poétique
Se dit de ce qui, en voulant réparer, abîme.
D’un soin trop sûr de lui, qui oublie l’humain qu’il prétend sauver.
L’iatrogène n’est pas le mal volontaire,
mais le dommage né d’une certitude qui ne se laisse plus interroger.
Définition courte
Effet nocif produit par un soin, une aide ou une solution censée guérir.
Étymologie
Du grec iatros (médecin) et genesis (origine, création).
Littéralement : « ce qui est engendré par le soin ».
Hygiène du mot
Iatrogène ne sert pas à accuser une intention, mais à examiner un effet.
Ce mot appelle à la prudence lucide, non au rejet du soin.
Il doit être employé lorsque l’aide refuse de s’auto-corriger,
lorsque le système persiste malgré les dégâts qu’il provoque.
On parle d’iatrogénie quand le remède devient sourd à la réalité qu’il prétend réparer.
Exemple en contexte
« À force de vouloir tout protéger, l’institution est devenue iatrogène : elle apaise les procédures et fracture les êtres. »
Haïku
Le remède presse —
la plaie s’ouvre autrement.
Trop soigner fait mal.
Remarque rabelaisienne
Tout médecin trop sérieux devient dangereux.
Quand le soin oublie de rire de lui-même, il se prend pour la vérité.
Et la vérité, quand elle n’a plus d’ivresse ni d’autodérision, finit toujours par rendre malade ceux qu’elle voulait guérir.