(n.m.)
🌒 Définition poétique
Le génie n’est pas celui qui sait, mais celui qui voit autrement.
Il ne répond pas aux questions : il les déplace.
Là où la foule s’arrête, il entre.
Là où les autres s’alignent, il cherche la tangente.
Son regard fend la brume, mais souvent il y reste seul.
Car le génie n’est pas une supériorité, c’est une disposition à voir trop clair —
et dans un monde qui préfère les ombres, cette clarté devient un fardeau.
Le génie est l’enfant qui n’a jamais cessé de demander “pourquoi”,
et l’adulte qui refuse encore de mentir pour plaire.
Il n’est ni saint, ni parfait ; il trébuche, il brûle, il dérange.
Mais il laisse derrière lui un sillage qui rend les autres plus vivants.
🕯️ Définition courte
Capacité rare de percevoir au-delà du cadre et de transformer cette vision en œuvre.
🧬 Étymologie
Du latin genius, « esprit créateur » —
dieu intérieur, principe inspirateur, gardien de la destinée.
→ À l’origine, le génie n’était pas un homme exceptionnel, mais une présence qui inspire.
🌿 Hygiène du mot
Ne pas confondre génie et brillance.
La brillance cherche l’admiration, le génie cherche la justesse.
Le génie n’est pas une récompense du talent, mais une exigence de vérité.
Il n’appartient ni à la célébrité, ni à l’égo, ni au diplôme :
il surgit là où la pensée se relie au vivant.
Employer ce mot demande de la retenue :
le génie n’est pas un titre, c’est une responsabilité.
🪶 Haïku
Il voit autrement,
mais personne ne regarde —
le vent le devine.
💬 Exemple
« Le génie, c’est cette étincelle qu’on ne comprend pas encore, mais dont on pressent la nécessité.
🜂 Voir aussi : Ignogénie |
Note étymologique complémentaire — Génie, de générer à révéler
Le mot génie vient du latin genius, dérivé de gignere : engendrer, faire naître, générer.
À l’origine, le genius romain n’était pas un “talent exceptionnel”,
mais une force vitale, un esprit protecteur qui accompagnait chaque être, chaque lieu, chaque création.
C’était ce souffle invisible qui reliait l’humain à la source de ce qu’il pouvait faire naître.
Dire qu’un être a du génie, c’est donc dire qu’il génère du sens — qu’il participe à la création.
Ce n’est pas une domination du monde, mais une mise au monde de quelque chose de nouveau.
Le génie n’est pas celui qui s’élève au-dessus,
c’est celui qui fait passer la lumière d’un plan à un autre.
On pourrait dire :
Le génie ne s’impose pas, il accouche.
Il ne prend pas la lumière, il la transmet.