(n.f.)
Définition poétique
L’Obscurâme est la part d’ombre que l’on porte en soi et que l’on apprend à reconnaître comme nôtre.
Nos peurs, nos colères, nos blessures, nos jalousies, nos contradictions ne disparaissent pas parce qu’on préfère montrer le reste.
On peut les cacher.
Les nier.
En avoir honte.
On peut aussi faire l’inverse : tellement s’y identifier qu’une blessure finit par raconter toute notre histoire.
L’Obscurâme propose un autre mouvement : accepter que l’ombre fasse partie de nous sans lui demander de devenir tout ce que nous sommes.
Comme une cicatrice, elle appartient à notre histoire. Elle peut encore tirer certains jours, nous avoir changé, parfois même nous avoir donné la force d’avancer. Mais nous ne sommes pas seulement notre cicatrice.
Être entier ne signifie donc pas devenir parfaitement lumineux.
C’est pouvoir regarder sa lumière et son ombre et dire :
« Tout cela aussi, c’est moi. »
Définition courte
Part d’ombre de soi que l’on reconnaît et intègre sans la nier ni s’y réduire.
Étymologie
Obscur + âme.
Littéralement : l’âme obscure, ou la part de soi qui demeure dans l’ombre.
Le mot ne désigne pas une « mauvaise âme », mais ce qui, en nous, est plus difficile à regarder, à montrer ou à accepter.
Mots voisins
Ombre intérieure, part sombre, face obscure, blessure, noirceur intérieure, ombre psychique.
À distinguer d’Obscuressence : l’Obscurâme est l’ombre qui fait partie de nous ; l’Obscuressence désigne ce qui peut émerger après qu’une ombre a été traversée et transformée.
Contexte
Anakin Skywalker offre presque une caricature tragique de l’Obscurâme.
Sa peur de perdre, sa colère et ses blessures font partie de lui. Mais plutôt que de parvenir à les intégrer, il finit progressivement par organiser son identité autour d’elles.
Il devient Dark Vador.
Le problème n’était donc pas d’avoir une ombre.
C’était de finir par ne plus voir qu’elle.
À l’inverse, accepter son Obscurâme ne signifie ni l’excuser ni lui obéir. C’est pouvoir reconnaître sa colère sans devenir sa colère, une blessure sans devenir uniquement le blessé.
Remarque rabelaisienne
Nous avons tous une cave.
Le problème commence surtout quand on prétend habiter un studio.
Haïku
Sous ma peau de jour l’ombre marche avec mes pas — nous rentrons ensemble
Hygiène du mot
Accepter son Obscurâme n’est pas glorifier ce qui nous détruit.
Une blessure n’est pas belle parce qu’elle est une blessure. Une colère n’a pas raison parce qu’elle est sincère. Et reconnaître une part sombre ne dispense jamais de répondre de ce que l’on en fait.
L’Obscurâme invite à éviter deux pièges :
« Ce n’est pas moi. » — le déni.
« Je ne suis que ça. » — l’identification.
Entre les deux demeure une possibilité plus entière :
« Ça aussi, c’est moi. »
Dans Le Chant des Mots
La chanson Danse avec l’ombre met justement en scène plusieurs rapports à l’Obscurâme : la cacher, la subir, chercher de la puissance en elle, risquer de s’y enfermer, puis finalement la traverser.
Découvrir Danse avec l’ombre : paroles et histoire de la chanson
L’Obscurâme est l’ombre que j’accepte comme mienne. L’Obscuressence est ce qui peut naître lorsque cette ombre a été traversée.