Altéromirage

Définition poétique

L’Altéromirage est l’illusion de créer pour les autres, alors qu’au fond, on cherche à se réparer soi-même. C’est la brume dorée qu’on met sur le mot « partage » pour cacher le besoin plus nu : survivre à soi, donner forme à ce qui déborde. On croit tendre la main, mais on tend un miroir — et c’est ce miroir qui permet aux autres de se reconnaître.

Définition courte

Illusion altruiste de la création — on croit donner, mais on se soigne.

Étymologie

alter (latin : autre) + mirage (français : illusion visuelle).


Mise en contexte

Ce mot naît d’une lucidité désarmante : comprendre que la création, même généreuse, part d’un vide intérieur, d’une brûlure, d’un trop-plein. C’est en créant qu’on se reconstruit — et parfois, par résonance, cela touche quelqu’un d’autre. Prétendre que l’art est « pour les autres » est un beau récit ; la vérité, c’est qu’on fait de l’art pour ne pas mourir de soi.


Exemple en contexte

« J’ai cru que j’écrivais pour les gens, mais c’était faux. Je voulais juste arrêter d’étouffer. C’est après seulement que quelqu’un s’est reconnu dedans. C’était un altéromirage. »


Haïku

Je tends un miroir,
croyant offrir une main —
l’altéromirage.


Synonymes poétiques

  • miroir du don
  • illusion partagée
  • sincérité masquée
  • bienveillance réflexive

Hygiène du mot

L’Altéromirage n’accuse pas l’artiste — il l’humanise. Créer pour soi n’est pas de l’égoïsme : c’est la condition pour toucher les autres. Le mot ne sert pas à juger, mais à dévoiler la boucle entre soi et l’autre avec douceur et justesse.

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