Le calibré sensible

Il voit les détails que les autres effleurent.

Une tasse mal posée, un geste trop brusque, une phrase qui sonne faux.

Rien de grave, mais tout compte.

Son monde est un instrument qu’il accorde sans cesse,

non pour dominer, mais pour que la note juste puisse encore exister.

On croit qu’il contrôle ; il ajuste.

On croit qu’il juge ; il protège.

Car le désordre, chez lui, n’est pas une simple gêne :

c’est une déchirure dans la clarté qu’il entretient pour respirer.

Alors il préfère faire lui-même,

non par orgueil, mais pour préserver la cohérence du geste.

Il ne veut pas de serviteurs — seulement qu’on le laisse œuvrer à son rythme.

Le calibré sensible n’aime pas le chaos,

mais il sait aimer profondément,

avec la même précision que celle qu’il met à ranger son monde.

Ce n’est pas un cœur froid :

c’est un cœur accordé.


🛠️ Making of

Ce fragment est né d’une réflexion sur ma manière d’être au monde.

Je suis quelqu’un d’ordonné, pas par obsession, mais parce que le chaos me trouble.

Certains appellent ça du contrôle, moi j’y vois une forme de respiration :

si mon espace est clair, ma tête l’est aussi.

Ce texte, c’est une façon de mettre des mots sur cette exigence silencieuse,

ce besoin de justesse qui me suit dans tout — que ce soit en peignant, en écrivant, ou simplement en vivant.

C’est un autoportrait, mais aussi un miroir tendu à ceux qui se reconnaissent dans ce rapport un peu tendu au monde :

lucides, sensibles, et parfois un peu seuls dans leur précision.

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