Édisme

Définition poétique :

L’édisme est l’idéologie de l’aide qui oublie d’émanciper.

C’est la tentation de soulager au lieu d’élever, de faire à la place de l’autre pour se sentir juste.

Sous couvert de bienveillance, l’édisme infantilise : il maintient l’autre dans la dépendance en lui retirant le droit à l’effort, à la dignité, à la conquête de soi.

Là où l’aide véritable rend libre, l’édisme rassure celui qui aide.

Il transforme la solidarité en spectacle, la compassion en posture morale, et l’autonomie en faute.

L’édisme, c’est le confort du cœur sans le courage de la main.


Définition courte :

Fausse bienveillance qui entretient la dépendance sous prétexte d’aide.

Étymologie :

Du mot aide, avec le suffixe -isme (idéologie, système de pensée).

→ “Édisme” : l’idéologie de l’aide érigée en vertu, même quand elle empêche.

Haïku :

Je tends ma main douce,

mais tu restes à genoux —

ai-je vraiment aidé ?


Hygiène du mot :

Ne pas confondre l’édisme avec la compassion.

La compassion libère, l’édisme attache.

On reconnaît l’édisme à sa peur du silence, à son besoin d’être vu en train d’aider.

C’est une morale de surface, une caresse qui empêche la marche.


Remarque rabelaisienne :

“L’édiste te nourrit pour te garder maigre.”


Exemple en contexte :

“Distribuer sans éduquer, consoler sans responsabiliser — voilà le cœur de l’édisme moderne.”

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