Ignogénie

 (n.f.)

🌒 Définition poétique

L’ignogénie est l’aveuglement du monde face à la lumière d’un esprit.

Ce n’est pas seulement l’ignorance : c’est une forme de défense collective contre ce qui dérange trop, ce qui dépasse trop.

Le génie devient invisible non parce qu’il est caché, mais parce que les yeux refusent de voir.

C’est le moment où la société, par peur ou inertie, tourne le dos à ce qu’elle prétend chercher : la clarté.

L’ignogénie, c’est la tragédie de ceux qui avaient raison trop tôt.


🕯️ Définition courte

Aveuglement collectif qui empêche de reconnaître un génie.


🧬 Étymologie

Du latin ignotus (« inconnu ») et genius (« esprit créateur »).

→ « igno- » (ne pas connaître) + « génie ».


🌿 Hygiène du mot

Le mot doit s’employer avec gravité et mesure.

Il ne désigne pas simplement le fait de ne pas comprendre quelqu’un de talentueux, mais une injustice plus profonde, souvent historique, où la reconnaissance vient trop tard.

Ne pas confondre avec la simple méconnaissance :

→ la méconnaissance est une erreur ;

→ l’ignogénie, une cécité choisie.

Employé avec excès, le mot perd sa force ; mais un diagnostic lucide sur le rapport entre société et vérité.


🪶 Haïku

On passe devant lui —

l’ignorance scelle la porte,

l’ignogénie rit.


💬 Exemple en contexte

« Van Gogh n’a pas souffert d’un manque de talent, mais d’une époque en pleine ignogénie. »

Le silence des justes, enseveli sous le bruit des idiots : c’est l’ignogénie.

✴️ Qu’est-ce qu’un génie ?

Un génie, ce n’est pas celui qui sait tout —

c’est celui qui voit autrement.

Il ne pense pas plus vite, il pense ailleurs.

Là où la majorité voit un mur, il voit un passage.

Là où d’autres cherchent des preuves, il cherche du sens.

Le génie, c’est celui qui trouve la lumière dans la poussière,

et qui, souvent, fait peur à ceux qui n’ont pas encore ajusté leurs yeux.

Il n’est pas forcément sage, ni doux, ni socialement habile.

Parfois, il est maladroit, excessif, borderline.

Mais sa différence vient d’un trop-plein de perception :

il capte les nuances, les liens, les vibrations que d’autres ignorent.

Il voit trop clair dans un monde qui préfère les lunettes sales.

Le génie, c’est celui qui révèle — même sans le vouloir —

la paresse intellectuelle des foules,

et l’hypocrisie des institutions qui prétendent “former l’esprit critique”.

Le génie n’a pas toujours raison.

Mais il pense dans un espace où la raison n’a pas encore de nom.

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