(adj. ou n.f.)
Définition poétique :
L’altéroclasse n’est pas une posture morale, mais une secousse intérieure.
C’est le moment où l’on prend conscience que son regard porte la trace d’un monde social — et que, même avec de la bienveillance, on ne regarde jamais “depuis nulle part”.
L’altéroclasse, c’est cette lucidité douloureuse et féconde : voir la beauté sans la travestir en vertu, reconnaître la contrainte sans la nommer courage.
Elle naît dans la faille entre l’expérience vécue et le regard porté sur elle.
C’est une réflexence de classe — un miroir oblique qui nous rend attentifs à ce qu’on croit comprendre des autres.
Définition courte :
Lucidité née de la conscience de son regard social.
Étymologie :
du latin alter (autre) + classis (classe, rang social)
Haïku :
Je tends la main, loin —
sans croire être à sa hauteur,
juste à sa mesure.
Remarque rabelaisienne :
« Ceux qui parlent de “dignité” chez les pauvres devraient d’abord parler de leur propre confort.
Car la dignité, quand on l’a choisie, c’est du style.
Quand on n’a pas le choix, c’est du silence. »
Inspiration picturale
🖼️ “La Troisième Classe” (The Third-Class Carriage), peint par Honoré Daumier
Non pas pour la “dignité” qu’on leur prête,
mais pour la vérité nue : le dos courbé, la lumière grise, la poussière.
Le peintre regarde les corps qui travaillent, et l’on sent le malaise d’un regard venu d’ailleurs.
C’est cette tension, entre empathie et distance, qui fait naître l’altéroclasse.