(n.f.)
Définition poétique
La faussenance est une innocence jouée ou attribuée, une pureté feinte qui sert à dissimuler ou à protéger.
Elle peut être fabriquée par soi-même pour se défendre, ou projetée par les autres pour préserver une image commode.
C’est le masque fragile d’un enfant sur un visage déjà marqué par le temps.
On y trouve la tendresse du mensonge, l’élégance du déni, la pudeur du faux.
La faussenance n’est pas toujours tromperie — parfois, c’est un geste de survie.
Définition courte
Innocence feinte ou fabriquée.
Étymologie
De faux (latin falsus, tromper, feindre) + innocence.
→ littéralement : pureté feinte, ou innocence falsifiée.
Mais dans le mot s’entend aussi une douce tension : celle d’un cœur sincère qui veut continuer d’y croire, même quand tout est déjà compris.
Haïku
Masque d’innocent —
les rides sous la lumière
trahissent le jeu doux.
Remarque rabelaisienne
L’homme n’est pas faux par vice, il l’est souvent par fatigue.
Il se repeint la face pour ne pas faire fuir la compagnie.
Et s’il joue l’innocent, c’est qu’il sait que le monde préfère les anges aux vivants.
Exemple
« Dans les foyers, il voyait des barbes se cacher derrière la faussenance des papiers.
Mais la faussenance n’appartient pas qu’aux migrants : chacun, un jour, s’est inventé plus pur qu’il ne l’était. »