(n.m.)
Définition poétique
Naissance d’une forme à partir du chaos.
Le chaorème, c’est l’instant où le tumulte se condense en étoile, où la confusion s’ordonne en rythme, où l’informe devient œuvre.
C’est la grâce du hasard qui s’organise, la matière qui trouve son propre dessin sans qu’on la contraigne.
Un battement de cœur entre l’abîme et la clarté.
Définition courte
Forme née du chaos.
Étymologie
De chaos (gréco-latin : désordre primordial, gouffre d’où tout naît) et du suffixe -rème (du grec rhêma, « ce qui est dit », « énoncé »).
Le mot évoque donc le dire du chaos, le moment où l’informe devient énoncé, forme, idée.
Par sa sonorité, il fait aussi écho à théorème — la clarté mathématique issue du désordre du monde.
Le chaorème, c’est l’enfant légitime du chaos et de la raison : le cri devenu forme.
Haïku
Du tumulte noir
jaillit soudain une étoile —
voici chaorème.
Remarque rabelaisienne
Le monde pétrit sa pâte en désordre avant de lever.
Faut du bordel pour que la forme ait du goût.
Et l’artiste, bon bougre, n’est qu’un boulanger du chaos : il attend que ça gonfle, il écoute la farine parler.
Exemple en contexte
“Son atelier n’était qu’un fouillis de couleurs et de toiles. Mais de ce chaos naissait toujours un ordre imprévu, un chaorème.”