Dans le vague

[Chorus — grincheux]
Jsuis pas content mais quand j’te vois je souris,
La pluie me suit jusqu’au café de minuit.
J’ai rien fait et j’suis déjà saoulé,
Laisse-moi dans le vague, dans le vague, dans le vague…

[Verse 1 — Dieu, mystique lumineux]
Tout est une vague qui roule à travers toi,
Chaque souffle que tu prends, c’est la mer qui parle bas.
Ton corps est une racine, accroché au silence,
Le feu dort dans l’eau, mais tu refuses la danse.

Le vent se souvient de ce que tu crois perdu,
Chaque pierre te regarde, chaque ombre est une vue.
Tu veux la vérité, mais la vérité s’évapore,
Le néant respire en toi, et tu fermes la porte encore.

[Chorus — grincheux]
Jsuis pas content, ton délire me fatigue,
Tes mots tournent en rond, ça sonne tragique.
J’ai rien demandé, juste un peu d’clarté,
Mais j’me perds dans le vague, dans le vague, dans le vague…

[Verse 2 — Dieu, mystique sombre]
Dieu n’est pas ailleurs, il habite ta colère,
Dans la sueur de tes nuits, dans la brûlure de la terre.
Tu veux séparer le mal, le bien, les contours,
Mais la nuit est un cercle, elle te ramène toujours.

Ta peur est une fenêtre, mais tu fermes les volets,
La lumière insiste, toi tu refuses d’entrer.
Tu crois que je parle en énigmes impossibles,
Mais c’est ton propre miroir qui brouille l’invisible.

[Chorus — grincheux]
Jsuis pas content, j’comprends rien à ta voix,
J’voudrais une clé, tu m’fous que du bois.
Le monde me pèse, j’me sens paumé,
Alors j’crie dans le vague, dans le vague, dans le vague…

[Verse 3 — Dieu, absurde et cosmique]
Danse avec les pierres, dors au milieu du vent,
Le temps est carré, l’espace tremblant.
Mange l’ombre d’un nuage, bois la couleur du ciel,
Tout ce qui t’effraie est déjà éternel.

Ta rage est un jouet, ton rire est une arme,
Tu cherches des règles mais la logique se désarme.
Marche dans la rime, même si le sens te fuit,
Chaque pas que tu poses éclaire la nuit.

Dans le vague, dans le vague, dans le vague…

Marche dans la rime…
Bois la couleur du ciel…
Le néant te porte…
Tu es déjà réel…


Making of

Je voulais refaire un délire à la Clint Eastwood parce que je suis fan de Gorillaz depuis toujours.

Pas pour copier, pas pour imiter : juste pour comprendre ce qui rend ce morceau si hypnotique.

Quand j’ai relu les paroles originales, j’ai capté un truc important :

ça ne veut rien dire, et pourtant ça fonctionne.

C’est flou, c’est vague, c’est presque absurde…

Mais l’ambiance, elle, est limpide.

C’est exactement ça qui m’a donné envie d’en faire ma propre version :

une basse qui avance en boitant, une ambiance un peu trip-hop claudiquée, une voix posée, fatiguée, flottante, et un personnage qui vient de se réveiller, paumé, entre deux mondes.

Dans cette chanson, il n’y a pas d’histoire compliquée :

juste un gars qui se lève de travers, qui ne comprend pas trop sa vie,

et qui parle comme ça lui vient.

C’est ça qui m’a plu :

le mélange entre le flou, la nonchalance et une petite lucidité qui perce au milieu du brouillard.

C’est un hommage à Gorillaz,

mais filtré par mon style, mon imaginaire, et ma façon de faire parler quelqu’un qui rame dans sa propre tête.