Voir les cadres, ici, ne consiste pas à soupçonner tout ce que l’on croit.
C’est apprendre à reconnaître la fenêtre à travers laquelle nous regardons.
Nous avons besoin de récits, de catégories et de modèles pour rendre le monde habitable. Ils nous permettent de comprendre, de choisir et d’agir.
Mais un cadre peut devenir si familier qu’il finit par disparaître.
Nous ne voyons alors plus le cadre.
Nous croyons voir directement le réel.
Au Chant des Mots, regarder les cadres consiste à rendre visibles ces architectures discrètes :
- les récits que nous prenons pour des faits ;
- les mots qui classent avant de décrire ;
- les théories qui deviennent des refuges ;
- les habitudes culturelles qui pensent parfois à notre place ;
- les certitudes qui ne rencontrent plus leurs contradictions.
Parce qu’une grille peut éclairer une partie du monde et en cacher une autre.
Le problème n’est pas d’avoir un cadre.
Le problème commence lorsque nous oublions qu’il pourrait en exister d’autres.
Voir les cadres ne signifie donc pas tout déconstruire.
C’est retrouver assez de recul pour utiliser une idée sans devenir son instrument.
Pour aller plus loin
La toile que nous tissons
Un essai sur les mythes, les modèles, les métaphores et les récits que l’humanité construit, puis finit parfois par confondre avec le réel.
→ Lire : La toile que nous tissons
Réapprendre l’épistémologie
Une proposition pour retrouver une pensée rigoureuse sans transformer la méthode, la science ou l’autorité en nouveaux dogmes.
→ Lire : Réapprendre l’épistémologie
Monocadre
Un mot pour désigner la tendance à expliquer tous les phénomènes à travers une seule grille, jusqu’à appauvrir le réel que l’on prétend comprendre.
Lecture noétique
Une manière d’observer les mouvements, les effets et les récits qui traversent un texte ou une situation, plutôt que leurs seules conclusions.
→ Changer de regard : Lecture noétique
Il n’existe pas de regard sans fenêtre.
Cette page ne demande pas de briser toutes les vitres.
Elle invite simplement à voir que nous regardons à travers elles.