Je me fais des films H24

Format : Poésique / Musique

Une traversée intérieure entre projection mentale et retour au réel.
Une plongée dans l’Effet Mitty… jusqu’à la réappropriation du présent.


Couplet 1 (parlé/rap)

Dans ma tête, la caméra tourne en boucle, sans coupe,
Des visages en travelling, des silences qui me coupent.
Un héros bancal, resté coincé hors cadre,
À répéter sa scène… sans jamais dire la phrase.
J’hésite entre parler, ou m’effacer du plan,
Comme un figurant lucide qui doute d’être important.
Même sans projecteurs, j’crame sous la lumière,
J’refais la scène en mieux… ou je m’y perds en enfer.

Refrain (chanté)

J’me fais des films, h24,
Avec des fins que j’contrôle pas.
J’écris des vies dans l’ombre et la craque,
Et j’me perds dans des plans trop bas.
Mais tant qu’ça tourne, j’suis pas mort,
Dans ma salle obscure en or.

Couplet 2 (parlé/rap)

Le pire, c’est quand la fiction devient plus crédible,
Quand leurs regards me parlent… sans jamais être lisibles.
Je coupe, je monte, je garde les silences parfaits,
Mais j’oublie d’habiter les scènes que j’ai créées.
Si j’étais l’auteur de mes propres erreurs,
J’aurais coupé les doutes… gardé juste la lueur.
Mais j’tiens pas la caméra du monde qui m’entoure,
Alors j’me cache dans l’écran… en mode hors-champ, toujours.

Refrain (chanté)

J’me fais des films, h24,
Avec des fins que j’contrôle pas.
J’écris des vies dans l’ombre et la craque,
Et j’me perds dans des plans trop bas.
Mais tant qu’ça tourne, j’suis pas mort,
Dans ma salle obscure en or.

Couplet 3 (rap / montée lumineuse)

Et puis y’a des jours où la scène respire,
Où la lumière découpe un instant qui m’attire.
Où le silence devient plus fort que le bruit,
Et où j’me surprends à vivre au lieu d’penser la vie.
J’peux pas réécrire tout l’film ni le décor,
Mais j’peux jouer mon rôle… même quand j’ai pas les mots.
Alors j’laisse mes doutes au fond d’la bobine,
Et j’avance dans le plan… sans couper la machine.

Refrain final (chanté)

J’me fais des films, h24,
Et j’me fiche si j’contrôle pas.
J’laisse entrer l’soleil dans l’ombre et la craque,
J’me perds juste pour me trouver là.
Tant qu’ça tourne, c’est mon trésor,
Ma salle obscure devient de l’or.

Outro (chuchoté)

Coupure. Silence.
Clap…
Et ça recommence.


Résonance :
Ce texte explore l’Effet Mitty : cette tendance à vivre des scénarios intérieurs plus intensément que le réel lui-même. Une fuite douce, parfois piégeante, qui devient ici un terrain de transformation.

Voir aussi :
Éthérève — l’état inverse, où l’imaginaire s’accorde harmonieusement au réel.


Making of

Ce texte, je ne l’ai pas inventé.
Je le vis presque tous les jours.

Il m’arrive d’être avec des gens, de discuter…
et en même temps d’être ailleurs.

Pas complètement absent — mais déjà en train de rejouer la scène.
Ce que j’aurais pu dire. Ce qui aurait été drôle. Ce qui aurait mieux sonné.

Parfois, on me dit que je prends de la place.
Et ça me surprend.

Parce que de mon point de vue, je suis souvent en retrait.
Je parle peu. J’observe. Je laisse passer.

Mais après coup…
je refais la soirée entière dans ma tête.

Des dialogues plus fluides.
Des moments plus justes.
Des versions de moi plus présentes.

C’est là que j’ai compris quelque chose :
je ne suis pas absent.

Je suis en train de vivre ailleurs, en parallèle.
Effet Mitty.

Tu m’envoies ta matière.
Je la lis attentivement.

Si je peux t’aider, je te propose un cadre et un tarif adaptés.
Rien n’est engagé avant ton accord.

Même trois lignes suffisent. Ce que tu écris parle déjà pour toi.
Obligatoire : ❌ NON
Obligatoire : ❌ NON
Obligatoire : ❌ NON
Obligatoire : ✅ OUI
Obligatoire : ❌ NON