Miroir, miroir…

Miroir, miroir…

Nos regards se croisent,
le temps d’un battement de cil.

Est-ce moi que tu toises ?

Qui pourrait nous reconnaître ?
À part nous-mêmes…
Ou ceux qui nous ont vus naître.

Le remous ride le reflet.

Et toi ?

Est-ce que tu m’aimes ?

Seulement après un rire,
lorsque la tension devient sourire.

Qui fera le premier pas ?

Lorsque mes lèvres bougent,
ton écho me répond.

Quand ton souffle murmure,
j’entends le cri de mes veines.

Dans le silence de mes gestes,
je te vois danser.

Rejoins-moi !

Ne faisons qu’un ?

À deux…

Mais à trois…

Soleil.


Making-of

Ce poème est né d’une image.

En allant à la médiathèque, je suis tombé sur l’affiche d’un rendez-vous d’artistes. Une femme, un reflet, une étendue d’eau. Rien d’extraordinaire.

Puis, comme souvent, l’image m’a suivi jusqu’à la maison.

Au début, je pensais écrire autour du mythe de Narcisse.

Très vite, pourtant, quelque chose m’a dérangé.

Je ne voulais pas raconter quelqu’un qui reste prisonnier de son reflet.

Je voulais raconter le moment où ce reflet devient un compagnon.

Une rencontre.

Au fil des brouillons, le miroir est devenu une mare.

Les rides de l’eau ont remplacé le verre.

Le jugement s’est transformé en question.

Puis le rire est arrivé.

Puis la danse.

Et enfin un vieux jeu d’enfant : Un, deux, trois… Soleil.

Ce n’est qu’après avoir terminé le poème que j’ai compris pourquoi cette fin s’était imposée.

On cesse enfin de se regarder.

On se retourne.

On recommence à jouer.

Ce que ce poème m’a appris

En travaillant dessus, je me suis rendu compte que je cherchais souvent à écrire des idées.

Alors que les images faisaient déjà le travail.

Nous avons longtemps tourné autour de mots comme :

  • onde,
  • houle,
  • déferlante…

Avant de revenir à un vers beaucoup plus simple :

Le remous ride le reflet.

Parfois, le mot juste est aussi le plus discret.

C’est peut-être la plus belle leçon que ce poème m’a laissée.

Je crois que les poèmes ne naissent pas toujours d’une réponse.

Ils naissent souvent d’une image qui refuse de nous quitter.

Quelques retouches après publication

Ce poème a continué à évoluer après sa première publication.

Les changements sont presque invisibles :

  • « J’entends ton écho » est devenu « Ton écho me répond » pour transformer un constat en dialogue.
  • « Quand » et « Lorsque » ont été inversés afin d’accompagner plus naturellement le mouvement du poème.
  • Un simple point d’exclamation est venu souligner l’invitation de « Rejoins-moi ! ».

Ce ne sont que des détails.
Pourtant, ce sont souvent eux qui donnent au texte son dernier souffle.

Tu m’envoies ta matière.
Je la lis attentivement.

Si je peux t’aider, je te propose un cadre et un tarif adaptés.
Rien n’est engagé avant ton accord.

Même trois lignes suffisent. Ce que tu écris parle déjà pour toi.
Obligatoire : ❌ NON
Obligatoire : ❌ NON
Obligatoire : ❌ NON
Obligatoire : ✅ OUI
Obligatoire : ❌ NON