Clemovic face à ChatGPT dans un studio rouge

Gommettes

Mon honnêteté intellectuelle,
je l’ai faite avec mes gommettes.

Je suis factuel :
une couleur par case.

Le rouge pour les méchants,
c’est la base.

Le bleu,
c’est juste ma préférée.

Le vert,
c’est le nerf de la guerre,
du gazon de l’espace.

Le noir,
c’est le fond qu’on ne voit pas.

L’incontrôlable,
rictus palpable.

Tous les soirs,
le même son.

Des pas bien droits
dans le couloir.

Trop de couleurs tue la couleur,
sinon le lecteur se perd,
se meurt.

Venez admirer mon travail :
j’y ai mis mes plus belles trouvailles.


Making-of

Ce poème est né d’une image : un streamer intellectuel dans un décor rouge, discutant avec une IA comme on répète une pièce en coulisses.

Derrière les gommettes et les couleurs, il y avait surtout une intuition : certains discours semblent parfois déjà montés avant même de commencer. Les bons ennemis, les bonnes émotions, les bonnes conclusions.

Ce texte fait directement écho à l’article : Je n’avais pas 43 minutes à perdre , où j’explore ce que j’ai appelé la “flemme méthodique” : reconnaître une mécanique narrative avant même d’avoir consommé l’intégralité du spectacle.

Ici, le poème ne cherche pas vraiment à expliquer. Il cherche plutôt à faire ressentir : les cases, les couleurs, le confort moral, le petit théâtre intérieur, et ce fond noir qu’on préfère parfois ne pas regarder.

Suite de l’expérience

Après avoir écrit Je n’avais pas 43 minutes à perdre, j’ai eu envie de refaire l’expérience avec une vidéo de Clément Viktorovitch.

Cette fois, j’ai tenu environ cinquante secondes. Pas par certitude absolue, mais parce que j’ai reconnu une musique : le vocabulaire, le cadrage, la scène morale, la conclusion qui semble déjà attendre au bout du couloir.

J’ai donc pris la retranscription de la vidéo et je l’ai envoyée à plusieurs IA, avec une question assez simple : est-ce intellectuellement honnête ?

Les trois réponses allaient globalement dans le même sens : non, pas vraiment. Pas parce que tout était faux, mais parce que la vidéo semblait organisée comme une plaidoirie morale : ton hyperbolique, réduction des intentions adverses, omissions stratégiques, biais de confirmation, et mise en scène d’une conclusion déjà très orientée.

J’aurais pu relancer une expérience complète dans les commentaires, comme pour l’article précédent. Mais je ne l’ai pas fait.

Parce que j’ai aussi du travail à faire. Et parce qu’entrer dans ce genre de débat demande du temps, de l’énergie, et une attention que je n’ai pas toujours envie de donner à un discours dont la mécanique me paraît déjà très lisible.

En général, quand je m’y mets, j’essaie de bien faire les choses. Alors parfois, la vraie flemme méthodique consiste simplement à s’arrêter avant de transformer chaque intuition en arène.

Tu m’envoies ta matière.
Je la lis attentivement.

Si je peux t’aider, je te propose un cadre et un tarif adaptés.
Rien n’est engagé avant ton accord.

Même trois lignes suffisent. Ce que tu écris parle déjà pour toi.
Obligatoire : ❌ NON
Obligatoire : ❌ NON
Obligatoire : ❌ NON
Obligatoire : ✅ OUI
Obligatoire : ❌ NON